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SUIS-JE DEFINITIVEMENT HORS SERVICE ? (PAROLES D’UNE EDUCATRICE, DE LA LOYAUTE AU REFUS DE LA COMPLICITE)

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Laurence LUTTON

jeudi 02 novembre 2017

SUIS-JE DEFINITIVEMENT HORS SERVICE ?

(PAROLES D’UNE EDUCATRICE, DE LA LOYAUTE AU REFUS DE LA COMPLICITE)

Je me pose encore une fois des questions. Mais cette fois-ci je vais mettre le nom commun « question » au singulier, comme point central à la réflexion et au témoignage qui vont suivre, suis-je encore capable de travailler ? En d’autres termes, le monde du travail n’est-il réservé qu’à la médiocrité 1 et à l’opportunisme, qu’a-t-il à faire avec une vieille éducatrice comme moi ?

La dernière expérience professionnelle que je viens de vivre dépasse tout entendement et me porte au désespoir. Je sais, ce dernier mot n’est pas faible mais il n’y a aucune autre expression possible face à ce dont j’ai été témoin.

Embauchée en CDD au départ dans un CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile), pour surplus d’activités où grosso modo on me demandait à veiller à l’équipement de logements, dans l’objectif d’atteindre avant fin juin les 90 places pour lesquelles le service était financé. A savoir que pour ce service délocalisé en pleine création, tout y est à inventer et à construire, belle perspective pour des professionnels. Mais je n’étais pas invitée à ce projet et j’acceptais volontiers la tâche de veiller à installer des logements en vue de l’accueil de prochains demandeurs d’asile, convenant que ce n’était que pour un mois, il y avait là, quelque chose du côté de l’occupation de mon temps et du travail pour un salaire (en toute honnêteté, je dois le dire). Néanmoins lors de mon entretien avec la chef de service, j’ai dû évoquer mon parcours, mon expérience au CAOMI (Centre d’accueil et d’Orientation Pour Mineurs Isolés) et ma pratique de l’anglais, je me souviens avoir répondu, « just little bit » quand à ma pratique de la langue (J’ai répondu cela à quelqu’un qui ne parle pas un mot d’anglais (sic)) !

J’avoue avoir été étonnée de faire cas de ma longue expérience pour juste équiper des logements ! J’ai donc supposé que je serais invitée aussi à avoir des contacts avec les personnes hébergées.

Effectivement, les jours passant, je rentrais en relation avec tous ces hommes, ces femmes, ces enfants aussi, d’abord par les civilités puis par la remise banale du courrier (sa traduction et son explication), puis au fur et à mesure par les mots qui ont raconté leur histoire à chacun. L’expression des angoisses mais aussi des joies à partager au sein des logements où ils sont hébergés, lors d’accompagnements à l’hôpital ou ailleurs en voiture, les mots autour des espérances, des besoins, du thé, des collations, des pratiques culturelles… autant de palabres et d’invitations qui ont entamé le début de la relation, se raconter. Trouver une écoute attentive à leur existence était une attente légitime de ces personnes à laquelle je me dois en tant qu’éducatrice de répondre, question de responsabilité éducative.

Le mois fini, les logements n’étaient pas finis d’équiper, et les 90 places n’y étaient pas (elles n’y sont toujours pas et nous sommes fin septembre au moment où j’écris ces lignes). J’acceptais la signature d’un second CDD d’un mois mais pas uniquement pour des raisons d’équipement de logements. Une collègue était en arrêt maladie et avait claqué la porte au nez de la chef de service. Il fallait donc pallier à cette absence temporaire.

Je me retrouvais à travailler avec deux autres collègues en CCD pour 6 mois. L’une semblait être très organisée et consciencieuse, l’autre, un collègue qui remuait beaucoup de vent, la suite à dévoiler ses mensonges, pour ne pas dire plus. Cette présence indélicate a contrarié une dynamique d’équipe qui commençait très timidement à s’installer. La confiance n’y était pas et le cadre jamais incarné, rappelé timidement parfois certes, mais inexistant ont constitué la reprise du manque de respect entre collègues et surtout vis-à-vis de la responsable du service dont l’attitude passive voire soumise me laisse encore perplexe, quant à la manière dont ces jeunes collègues s’adressaient à elle.

Lorsque je suis arrivée au service et suite à l’entretien avec cette chef de service qui m’avait évoqué la clinique (disons qu’elle a prononcé le mot), se disant psychologue clinicienne, j’ai eu confiance en sa parole et me suis dit que même pour un mois, la rencontre avec elle, en valait la chandelle !

Par contre, les deux collègues, déjà en poste l’une en CDI (la claqueuse de porte), l’autre en CDD (la consciencieuse) ne se sont pas privées de me décrire l’opportunisme et la « nullité » de cette chef. J’ai eu le droit au déballage de sa vie privée, de son carriérisme, elle aurait été embauchée là, par relations et parce que quittée par son compagnon, elle n’avait plus les moyens financiers de son niveau de vie. La directrice de l’unité territoriale n’aurait eu d’autre choix que de devoir l’embaucher.

J’ai entendu, je n’ai pas écouté. D’autant que l’éducatrice qui avait claqué la porte une fois, avait postulé sur le poste de responsable et n’avait pas été retenue. Lors de l’arrêt de la « claqueuse de porte », j’ai tenté de pacifier les relations entre la collègue qui se disait consciencieuse et la chef de service.

J’ai surtout collaboré avec cette chef et avant tout je l’ai soutenue, avec loyauté, faisant définitivement fi de tout ce qui m’avait été rapporté. A cet endroit, je suis obligée cependant, d’avouer que moi aussi, je ne tenais pas la place qui m’était dévolue, en d’autres termes, et sans le dire, je veillais à la formation de la cadre socio-éducatif. J’essayais de lui faire enfin porter le costume, pour le dire vulgairement.  En douceur, avec véhémence aussi, et avec tact, je lui ai souvent soufflé comment s’y prendre. La suite m’a montré qu’il y avait là quelque chose de « sisyphien ». Mais j’y reviendrai.

Un CDD de deux mois, l’arrêt maladie du collègue « indélicat », plus tard… je me retrouvais référente des dossiers d’une vingtaine de personnes, j’accueillais les nouvelles entrées, je continuais aussi à équiper les logements.

Les dossiers… parlons-en, impossible de retracer le parcours des personnes accueillies. Pourtant, lors d’un entretien avec la direction de l’unité territoriale, on m’avait clairement et expressément entretenue des procédures de « l’entreprise sociale », d’un ensemble de « process » très contraignants, était-ce possible pour quelqu’un comme moi qui venait de l’autogestion ? Il m’avait fallu rappeler que l’autogestion n’avait rien de libertaire mais bien au contraire, il s’agissait d’une organisation de travail qui demandait de la vigilance intellectuelle et un sens aigu de la responsabilité, à tous les niveaux, institutionnel et éducatif, entre autres.

Dossiers donc à construire, ce qui m’a pris deux semaines pour que soient à peu près reconstituées les informations juridiques, sanitaires, sociales, civiles… des personnes et encore ce n’est pas fini.

Une évaluation interne liée à la vérification de la mise aux normes des dossiers a eu lieu et nous en avons eu un retour. La chef de service d’un CADA de la même « entreprise sociale » mais implanté dans un autre lieu, a su avec autorité (et non autoritarisme) nous rappeler le cadre procédural. Qu’en est-il aujourd’hui de sa mise en acte dans les faits ? Rien ! Enfin, si… les dossiers n’étant pas tenus, ils ne sont pas non plus suivis ce qui a des conséquences très graves, dans la mesure où deux messieurs n’ont pas reçu leur convocation OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides), dans les temps, il semblerait que ce soit des soucis de courriers non suivis, je ne pense pas que ce soit seulement cela, dans la mesure où si les dossiers étaient clairement accompagnés, il aurait été possible de s’inquiéter en amont que l’OFPRA ne donne aucune nouvelle en termes de convocation. Décision de rejet de la demande d’asile pour les deux. Un pour lequel, j’ai pu très vite instruire une demande de saisine, de la CNDA (Cours Nationale du Droit d’Asile) et envoyer un mail à l’OFPRA pour tenter une nouvelle convocation mais selon, l’avocate avec laquelle j’ai beaucoup collaboré, ladite institution n’a pas d’obligation à convoquer de nouveau. Pour l’autre, il se trouve dans un vide juridique, tous les délais ayant été dépassés. La solution en dernier recours est une demande de réexamen de la demande d’asile mais il va falloir apporter des éléments nouveaux et tangibles, en somme, des preuves à l’appui. J’ai donc demandé à la chef de service de se rapprocher de la préfecture pour obtenir le « cerfa » nécessaire à l’instruction de la demande, j’ai terminé mon contrat sans aucune nouvelle, a-t-elle fait la démarche jusqu’au bout ?

Dans une autre mesure, il y a des problèmes à répétitions, dans les logements loués dans le privé, la réalité de l’inconfort pour les personnes accueillies, dont la chef m’avait affirmé qu’elles comptaient avant tout. Ces personnes accueillies, elles devaient être la priorité, ce avec quoi je ne peux qu’être en accord. C’est la raison, pour laquelle, d’ailleurs, un monsieur hébergé, est resté trois semaines sans électricité, alors qu’il venait quotidiennement au service signaler le problème, aux collègues présentes. Il a fallu qu’il m’en parle un soir, pour que je règle cet inconfort, avec mon téléphone portable personnel, soit dit en passant (le dernier téléphone professionnel ayant disparu, sans qu’on ne s’en soucie jamais malgré nos sollicitudes). Il est clair que les personnes hébergées sont une priorité ! Et je ne parle pas de ce monsieur qui actuellement, vit sans plafond au milieu de la laine de verre.

Autant de tristes anecdotes pour dire que des statuts sont occupés mais les fonctions inoccupées voire confondues et je n’y suis pas non plus pour rien, ayant agi souvent en n’étant pas à ma place. Prenant des initiatives (concertées néanmoins avec la responsable) qui ne devaient pas venir de moi.

Alors évoquons, ici, celle qui devrait être la garante du cadre et l’actrice des perspectives d’un service qui se veut en pleine création.

J’en veux pour exemple, entre autres, la relation aux partenaires (Domaine de compétence 5-3, du référentiel CAFERUIS). Dimension que j’ai développée car personne sur le territoire ne connaissait nos missions et encore moins la responsable du service, qui au passage s’étonnait bruyamment et joyeusement que je sois « si » connue. Les acteurs du réseau m’identifiant parfois à la fonction de chef de service, ce que j’ai toujours immédiatement corrigé en nommant la chef de service statutaire.

Chef de service statutaire, c’est exactement cela, car au-delà, elle incarne l’insécurité et l’avenir incertain de ce service. Elle se laisse commander par l’autorité de la secrétaire lui dit ce qu’il y a à faire, car soit dit en passant, cette collègue a une connaissance très pointue du dispositif de demande d’asile.

Clinicienne, non. Comportementaliste 2 . Elle n’a rien de l’approche psychanalytique lacanienne ou freudienne, quand on lui dit avec véhémence, et je l’avoue par deux fois j’ai exprimé ma colère face aux urgences non traitées pour les personnes, la solitude dans laquelle j’ai été amenée à travailler la semaine précédente 3 , elle sort un guide qu’elle feuillète et vous présente un arbre avec des petits bonhommes dessus et vous demande de vous identifier à l‘un d’entre eux. De là, elle en déduit que je vais être associée à la participation aux comités de pilotage dédiés à l’accompagnement des réfugiés vers les dispositifs de droits communs, en particuliers le logement (magic behaviourism !). Pendant le même comité elle n’a pas le chiffre exact du nombre de réfugiés, de bénéficiaires de la protection subsidiaire que compte le service (elle ne sait pas non plus ce qu’est la protection subsidiaire, soit ! Personnellement ce que je trouve affligeant est qu’elle ne se renseigne même pas, aucune veille professionnelle de sa part !). Je lui donne les informations.

Il faut aussi expressément solliciter sa présence sur le terrain quand une urgence survient. Je me souviens d’un vendredi soir, bien après 18h00 (heure de fin du travail), de l’appel de jeunes hommes afghans qui ont réussi à me joindre sur mon téléphone portable personnel du fait que le téléphone de service ait disparu comme je l’ai déjà évoqué plus haut, il m’arrivait en cas d’urgence d’appeler les personnes accueillies, du coup elles enregistraient mon numéro et de fait pouvaient me joindre sur ma ligne privée. Ces jeunes hommes me prévenaient de l’arrivée tardive d’un autre jeune afghan que je devais accueillir au CADA (suite à l’orientation de l’OFII (Office Français de l’Immigration et l’Intégration)), l’après-midi même, et qui n’était pas au rendez-vous, ayant manqué son train. Ce que j’apprenais le soir même en allant le chercher à la gare. J’ai donc appelé la responsable. A son ton, j’ai compris que je dérangeais et elle m’a suggéré de l’accueillir seule. Ce à quoi, j’ai répondu par le silence, elle s’est donc rattraper en me disant qu’elle venait mais pas avant une demi-heure. Elle est venue, s’est présentée mais ne s’est pas associée à la présentation du service, du règlement intérieur et du contrat de séjour. Mais certes, elle s’est déplacée… c’était déjà ça !

Elle est à longueur de journée, comme les éducateurs d’ailleurs, collée à son ordinateur et envoie aussi avec son portable des textos, qu’elle tapote sans cesse, même lors d’une session de formation en interne à laquelle nous devions tous participer.

Elle ne connaît pas les personnes accueillies dont je lui parle, je pense qu’elle a écouté, je ne suis pas sûre qu’elle ait entendu.

Lorsque je suis arrivée, elle m’a raconté que pour son CAFERUIS 4 , elle n’avait pas eu besoin d’en exposer trop pour entrer en formation et son directeur de mémoire était un dragueur… Je veux bien le croire, au regard du référentiel de l’arrêté du 8 juin 2004, qu’a-t-elle retenue des six domaines de compétences, propres aux fonctions d’encadrement qu’a à assurer le cadre socio-éducatif… Désespérant de se vanter et faire à une subordonnée ce genre de confidences dont elle semble fière d’ailleurs, elle m’a évoqué cette anecdote deux fois.

Pourtant dans les débuts de ma présence au CADA, j’ai volontiers déjeuné à plusieurs reprises avec elle, et ce à mon initiative. Une sorte d’amitié professionnelle semblait se nouer au début (voire même une amitié humaine, je lui ai souvent confié mes turpitudes, des choses personnelles dont je pourrais ici dire que ce n’est pas très malin de ma part mais il est vrai qu’étant sur des temps de pause, j’ai lâché prise sur des épisodes de mon histoire personnelle, et avec elle j’ai souvent évoqué mon aversion vis-à-vis de l’attitude des collègues, j’ai écouté ses constats amers sur un travail qui allait à volo mais dont elle ne semblait pas responsable, seules ces deux éducatrices portaient la responsabilité de dossiers mal tenus, par exemple, sans parler de leur manque de respect notoire dans leur relation avec elle …). Généralement, je ne crois jamais que les gens soient définitivement ce qu’ils paraissent être, la réalité aujourd’hui tend à me prouver une nouvelle fois que je demeure une idéaliste. Durant ces temps de pause, je l’ai aussi et surtout entretenue de mes réflexions, de ma vieille expérience, de mes lectures, supposant qu’elle lisait aussi au regard de ce qu’elle disait, j’ai beaucoup de mal à y croire aujourd’hui. Notamment, le silence assourdissant autour des écrits que je lui envoie, s’agissant des projets avec les partenaires tend à me démontrer cette triste réalité, aucun intérêt pour le travail de ses collaborateurs, je me demande même si elle porte de l’intérêt au service dont elle doit assurer la responsabilité. En effet, aucunes statistiques et encore moins d’analyses autour des activités du service (ce travail j’ai commencé à le faire avant mon départ, je lui ai confié espérant qu’elle allait réagir ! Rien… à part me faire la remarque que pour quelqu’un qui n’aimait pas les chiffres, bravo pour ce travail, j’attendais qu’elle me dise comment elle souhaitait s’en emparer et comment elle pensait mobiliser l’équipe autour de ce travail qui consiste à rendre compte), pas de projet de service, pas de livret d’accueil, pas de projet individuel personnalisé, pas d’espace d’expression dédié aux personnes accueillies (CVS ou groupes de paroles) …

C’est ici tout le problème de notre époque, outre la médiocrité (au sens que lui donne Alain Deneault), la déqualification des diplômes prend ici un tout autre sens que celui que lui a donné le sociologue, Robert Castel, il s’agit plutôt d’une déqualification symbolique dont on en observe tous les effets de l’insensé et de l’impensé. Ces gens-là détiennent des diplômes vidés de leurs contenus pédagogiques et professionnels, ce qui revient à dire ici, de nouveau que l’on trouve davantage la question du statut et non pas celle des fonctions liées à la pratique d’un métier, dont on peut déplorer cet amer constat qu’il nous faut faire, «  Progressivement, ce sont les métiers qui se perdent. On peut confectionner des repas à la chaîne sans même être capable de se faire à manger chez soi, énoncer à des clients par téléphone des directives auxquelles on ne comprend rien soi-même, vendre des livres et journaux qu’on ne lit pour sa part jamais... La fierté du travail bien fait disparaît par conséquent.  » 5

On nous rebat les oreilles, depuis quinze ans, de cette fameuse loi 2002-2. Dans ce service, je n’ai toujours pas vu et encore moins l’amorce de l’application de ses sept outils dans leur totalité, en commençant par le livret d’accueil 6 , le projet de service 7 , le Conseil à La vie Sociale ou autres espaces d’expression 8 , la question du médiateur ou conciliateur 9 , la question de l’évaluation interne et externe 10 , qu’en est-il ? N’existent à ce jour, que le règlement de fonctionnement et le contrat de séjour et encore ceux-ci n’ont pas été signés dans les formes, la procédure est caduque !

Comment alors, cette même cadre socio-éducatif peut-elle évoquer le respect dû aux personnes accueillies alors qu’elle-même et sans aucun doute par ignorance, ne respecte pas ce qui constitue aujourd’hui la base même de l’accompagnement social et médico-social ? Peut-être faudrait-il respecter avant tout, les fonctions que le statut confère et permet de percevoir un salaire que l’on doit à la « misère du monde » ? Quand on l’interroge au sujet du cadre institutionnel, c’est toujours aux calendes grecques que nous sommes renvoyés, il faut être patient « ça va venir » ! Elle dit qu’elle sait où elle va, par contre nous tous (salariés, personnes accueillies), on est sans direction !

Dans ces conditions, pourquoi s’étonner de l’agressivité des gens, pourquoi se plaindre que cette soi-disant équipe soit déloyale ? Certes, je dois lui reconnaître que c’est une travailleuse, elle est là tôt, elle envoie ses tableaux à la commande sociale, elle transmet ce qu’on lui demande, mais «  Cela se révèle insidieux, car le médiocre ne chôme pas, il sait travailler dur. Il en faut des efforts (...) Ne se donne pas les moyens qui veut. La perfection technique sera même indispensable pour masquer l’inénarrable paresse intellectuelle qui est en jeu dans autant de professions de foi conformistes. Et cet engagement exigeant dans un travail qui n’est jamais le sien et dans des pensées qui restent toujours commandées fait perdre de vue leur peu d’envergure . » 11 Souvent, elle et d’autres collègues d’autres établissements de l’entreprise sociale, m’ont sollicitée pour un CDI, j’ai longtemps dit non. Puis avec le temps, le doute m’est venu, suite aux missions dont j’ai dû en découvrir le sens en me documentant et en en faisant l’expérience dans la relation avec les personnes pour lesquelles je me suis investie dans le cadre du CADA. Alors pendant des semaines, je suis allée de Charybde en Scylla, pesant le pour et le contre.

Le « pour », dédié au travail engagé auprès du public, le partenariat que je tente d’instituer (eu égard au silence que j’évoque plus haut, aucun retour sur mes écrits), les projets éducatifs qui germent dans mon esprit, au fur et à mesure de la relation éducative qui se noue. Une forme de challenge à démontrer que l’éducateur spécialisé peut y exercer son métier car je continue à penser en ces termes et non en termes d’emploi, car comme le rappelle, en effet A. Deneault, «  Patrons et travailleurs s’entendent au moins là-dessus : le métier est devenu un emploi et lui-même passe unanimement pour « moyen ».  », sauf à dire que je ne saurais répondre aux sirènes de la médiocrité.

Le « contre », travailler avec le carriérisme et l’individualisme, observer une collection d’individus plutôt qu’un collectif, le constat de la relation bureaucratique des éducateurs avec les personnes (cette « entreprise sociale » ferait d’ailleurs de belles économies en embauchant finalement que des administratifs, car en soi, l’ensemble des procédures liées à la demande d’asile n’a vraiment rien de complexe, il s’agit d’être attentif aux envois des documents dans les temps impartis), un cadre évoqué mais jamais incarné et de fait inexistant, l’insécurité qui en découle, des réunions sans réflexions et où l’ordre du jour jamais annoncé en début de réunion et encore moins concerté,  des réunions où chacun y va du déversement de ses rancœurs et de la jouissance de soi, persuadé qu’il fait très bien son travail...

Or, ce travail d’équipe tant parlé et jamais institué dans ce service demanderait à ce qu’une forme de logique déontique 12 s’instaure afin que le travail dans le cadre des missions pour lesquelles nous sommes financés soient remplies, qu’une véritable coopération soit mise en œuvre, « Au regard de son étymologie, coopérer c’est travailler ensemble, conjointement. Cette notion de travail conjoint peut être précisée par le fait de « concourir à une œuvre commune » (Le Larousse). Parce que la coopération relève de l’action collective finalisée, elle nécessite de partager consciemment entre individus une tâche commune dans des relations de dépendance mutuelle. » 13 .   Mais pour cela faudrait-il se mettre d’accord sur la définition du mot « équipe » , «   Se rappeler simplement que l’équipe est tout d’abord « un groupe de personnes unies dans une tâche commune » (Petit Robert), dont l’association des qualités professionnelles et personnelles est au service de l’autre, que nous nommons usager, dans un but et une finalité communs à tous, professionnels et usagers ; que chaque équipe a besoin pour garder sens commun et « bon sens » (au sens cartésien plus que celui du slogan du Crédit Agricole !) d’un dirigeant (cadre) qui indique la direction (donner du sens et donner le sens) et qui maintient le cap.  », comme nous le rappelle Alain Rondot (ancien directeur et consultant médico-social) , dans son article L’équipe 14 , travailler en équipe est un travail en soi qui demande à ne pas oublier l’œuvre commune qui nous réunit, le capitaine me semble-t-il en est le cadre socio-éducatif.

Difficile donc dans un tel contexte d’individualisme d’envisager un travail d’équipe, individualisme dont il ne faut pas négliger les conséquences destructrices, car se référant aux travaux, notamment d’Emile Durkheim, l’anomie guette et le délitement du lien social avec, «  Par conséquent, la montée de l’individualisme et la solidarité organique qui l’accompagne entrainent des pathologies sociales que Durkheim résumait avec le terme ( anomie). L’anomie désigne l’absence de règles. Dans un monde d’individus, quand les règles s’affaiblissent, certains individus se perdent et l’organisation sociale peut se dérégler.  » 15

C’est là ce que j’ai vécu ces quatre derniers mois, des décisions non prises ou reportées, des responsabilités non définies, un cadre jamais posé et encore moins incarné et institué, sont autant d’observations qui me conduisent à penser que ce service aura bien du mal à exister en tant que tel, s’il n’y a pas de direction fixée. Mais et surtout, et c’est à cet endroit que le bât blesse, des personnes grâce auxquelles il nous est loisible de bien vivre grâce à nos salaires, complètement livrées à elles-mêmes, c’est-à-dire à leurs angoisses, leurs doutes et la frustration à ne pas pouvoir venir nous rencontrer avec leur singularité et leur richesse culturelle. L’autre aspect qui accompagne la demande d’asile (dont je n’ai rien vu de sa mise en œuvre mais que j’ai agie et parlée coûte que coûte), me berçant de l’illusion, que montrant l’exemple, les pratiques changeraient, que la relation administrative deviendrait relation éducative où se joue notamment la question du transfert. Parce que cette dimension centrale de mon métier d’éducatrice spécialisée, celle de la « clinique éducative », j’ai pu, mais seule, la mettre en œuvre sans trouver d’espace pour en dire quelque chose de cette rencontre singulière avec l’altérité. Mais j’ai fait un choix.

Me débattant avec mes turpitudes, devant laisser place à ce fameux choix, le « pour » l’a remporté. J’ai l’habitude de dire que « choisir c’est renoncer », néanmoins, je ne renonce pas, je résiste encore. Je renonce à la fuite, je renonce malheureusement néanmoins, à l’éventuel confort d’un travail qui devrait prendre appui sur sa dimension libidinale 16 , je continue à croire à l’invention de la rencontre, je veux encore croire que c’est un métier que j’exerce et non un emploi que j’occupe, malgré toutes les difficultés qu’impose le fait de travailler.

J’ai dit « oui » mais je suis aujourd’hui sur la touche, je dois attendre, sans aucun délai annoncé, la réponse à ma candidature. En attendant de nouveau, il manque un poste et 21 dossiers sont laissés aux aléas du temps professionnel d’une éducatrice spécialisée et d’une assistante sociale qui vient d’arriver sur un CDD. Plus concrètement des personnes recherche un écho à leur présence en CADA, du côté du besoin d’en dire quelque chose de ce parcours migratoire nourri de mille violences.

Je suis en grande partie responsable de cette incertitude angoissante, j’ai attendu la dernière limite temporelle pour répondre. Mais ce qui m’étonne est que ce CDI soit disponible et que rien ne soit prêt pour pallier à l’absence salariale.

L’incertitude de mon retour est grande aussi et ne me permet pas d’entamer un éventuel deuil de l’investissement professionnel qui fût le mien, souvent très mis à mal et a priori incompris. J’ai réservée jusqu’au dernier jour de mon troisième CDD, ma réponse. Incapable de répondre avant, tant le doute a paralysé une décision lourde de conséquences pour moi, qui ai vécu et qui subis encore les conséquences d’un burn-out qui m’a privé de mon métier de pédagogue depuis deux ans.

Cette incertitude, cette « réponse sans délai » témoigne d’une réalité cruelle, dans le monde du travail aujourd’hui, il n’y a aucune prise en compte de la dimension humaine dédiée à la relation aux salariés et encore moins et c’est sans aucun doute, le plus terrible, le respect que l’on doit aux personnes accueillies, qui de nouveau sont à la recherche d’interlocuteurs, de références, et auxquelles je n’ai pas eu le temps de dire « au revoir ». Nous sommes juste des variables d’ajustement, les uns et les autres.

 Et à cela aussi cette fameuse psychologue clinicienne contribue.

Alors non je n’ai plus ma place dans le monde du travail et particulièrement dans notre secteur professionnel, tel qu’il se présente aujourd’hui avec son fracassant esprit entrepreneurial, mais je tente d’en reprendre une, de place, en tant qu’éducatrice spécialisée, et non comme je l’entends trop souvent « travailleur social », il ne s’agirait pas en plus se faire déposséder de notre identité. En passant aussi par exemple, notre temps à remplir des emplois du temps sur « Outlook », à inscrire ce que l’on fait alors que l’on ne le fait pas puisque cette démarche informatisée prend le temps que l’on doit à être en relation avec le réel, c’est-à-dire les gens, les activités éducatives et les partenaires, entre autres. Big brother se mêle aussi de notre secteur !

Voilà, je vais terminer ce propos, sur la question de la loyauté. Loyale ? Certes mais pas complice. La loyauté renvoie à la question de la fidélité. Je demeure donc ici fidèle à mes valeurs, à mon métier, à l’histoire de mon métier, à ses penseurs, à ses théoriciens du côté de la clinique. Je demeure ici, fidèle à une posture que je n’abandonnerai pas aux seules questions de la carrière ou de l’emploi, cette posture est celle de l’éducateur spécialisé intellectuel. Notre métier est bien trop grave, trop responsable pour laisser place à l’impensé et à la médiocrité, il exige de mettre en question sans cesse l’improbable rencontre avec le sujet en souffrance, en devenir, à la recherche d’un mieux-être dans un monde qui le relègue souvent vers l’exclusion.

Sans cette posture qui se veut éthique de mon point de vue, alors oui, nous laisserons place à ce fameux « travailleur social », agent du traitement administratif et institutionnel de la misère. Je ne saurais en aucun cas être complice de la médiocratie et de l’irrespect du cadre juridique et institutionnel.

Aujourd’hui, 13 octobre, la réponse est arrivée, non, « hors service », trop de qualités jugées handicapantes !!! Et oui, «  il n’est pire tyrannie que de vouloir le bien d’autrui  », cette fois-ci, je suis l’objet de cette assertion. Mais, … Le deuil peut enfin commencer…

Laurence LUTTON,

Educatrice spécialisée

1 Alain Deneault, La Médiocratie , Montréal, Lux éditeur. 20 octobre 2015, 224 pages, « « Médiocrité » est en français le substantif désignant ce qui est moyen, tout comme « supériorité » et « infériorité » font état de ce qui est supérieur et inférieur. Il n’y a pas de « moyenneté ». Mais la médiocrité désigne le stade moyen en acte plus que la moyenne. Et la médiocratie est conséquemment ce stade moyen hissé au rang d’autorité. (…) La perfection technique sera même indispensable pour masquer l’inénarrable paresse intellectuelle qui est en jeu dans autant de professions de foi conformistes. Et cet engagement exigeant dans un travail qui n’est jamais le sien et dans des pensées qui restent toujours commandées fait perdre de vue leur peu d’envergure. »

2 Comportementalisme et thérapies comportementales , Patrick Juignet,  Psychisme , 2011.

Le comportementalisme est la doctrine psychologique qui ne prend en compte que les aspects visibles des conduites (les comportements) et les met en rapport avec des événements environnementaux immédiats. Le béhaviorisme ou comportementalisme veut faire de la psychologie l’étude expérimentale des comportements observables. Ivan Pavlov peut être considéré comme le père de cette doctrine. Son protocole expérimental en stimulus-réponse fut repris comme paradigme pour la psychologie aussi bien en Russie qu’aux États-Unis ou en Europe. (…) Selon cette doctrine, toute référence à la conscience est écartée et l’on se borne à observer des stimuli et des réponses. L’individu est considéré comme une « boite noire » à laquelle le psychologue ne cherche pas à avoir accès. La doctrine fut légèrement modifiée par Burrhus Frederic Skinner, au milieu du siècle, avec la mise au point du conditionnement dit « opérant ». Ce type de conditionnement considère que l’action de l’individu sur le milieu permet d’obtenir un renforcement positif. Skinner mis au point une méthode de renforcement positif ou négatif des comportements. Le béhaviorisme récuse que l’on doive connaître les déterminations internes à l’individu, (qu'elles soient biologiques ou représentationnelles) et simplifie l’observable de manière importante. Son domaine d’étude est constitué par les comportements simples (des individus humains ou animaux) vu comme des réponses à des stimulations.

3 Elle avait accordé des congés à l’éducatrice « claqueuse de porte », alors que nous étions en sous-effectif, et que des urgences nous pressaient, j’étais donc seule à bord avec l’agent administratif pour 75 dossiers

4 arrêté́ du 8 juin 2004 relatif au certificat d'aptitude aux fonctions d'encadrement et de responsable d'unité́ d'intervention sociale (J.O n° 151 du 1 juillet 2004 page 11967 texte n° 14)

Domaine de compétences 1: Conception et conduite de projets d'unité́ ou de service dans le cadre du projet institutionnel  1.1. Concevoir et mettre en œuvre un projet d'unité́ ou de service. 1.2. Participer à la construction de projets individuels ou collectifs et assurer leur suivi.   Domaine de compétences 2 :   Expertise technique 2.1. Etre en capacité́ de mettre en perspective les fondements et les grandes orientations des politiques sociales, l'organisation politique, juridique et administrative française et européenne.  2.2. Développer une expertise sectorielle en s'appuyant sur les connaissances générales : dispositifs, modalités de prise en charge et financements.  2.3. Etre en capacité́ d'apporter un appui technique aux intervenants en référence aux cultures et aux pratiques professionnelles, aux problématiques liée à l'éthique et à la déontologie.   Domaine de compétences 3 : Management d'équipe 3.1. Animer, conduire, motiver et mobiliser une équipe dans le cadre d'une organisation. 3.2. Organiser et coordonner les interventions. 3.3. Développer les compétences individuelles et collectives.   Domaine de compétences 4 : Organisation du travail, gestion administrative et budgétaire d'une unité́ ou d'un service  :  4.1. Assurer l'organisation du travail, le suivi de la gestion administrative de l'unité́ ou du service. 4.2. Elaborer, présenter et gérer un budget d'unité́ ou de service.   Domaine de compétences 5 : (transversal) Communication, interface et gestion de partenariats 5.1. Assurer la communication interne, ascendante et descendante, ainsi que la circulation de l'information, y compris en direction des usagers.  5.2. Proposer, négocier et décider. 5.3. Développer des actions en partenariat et en réseau .   Domaine de compétences 6 (transversal) : Evaluation et développement de la qualité́  6.1. Evaluer le projet, l'organisation, le fonctionnement, les résultats, les prestations, l'action des intervenants de l'unité́ ou du service.  6.2. Assurer et développer la qualité́ du service rendu.

5 Alain Deneault, Op. Cit

6 Le livret d’accueil

Il se conçoit pour accueillir la personne qui va se trouver en relation avec l’établissement. Il ne s’agit pas d’une plaquette ou d’un livret d’information. C’est un livret prévu pour garantir le droit des personnes accueillies. Le texte de loi précise bien que le livret d’accueil a d’abord pour fonction de prévenir tout risque de maltraitance. Il comporte obligatoirement la charte des droits et des libertés de la personne accueillie (cf. point 2) et le règlement intérieur de fonctionnement de l’établissement (cf. point 5).

 Circulaire n°138 DGAS du 24 mars 2004 relative à la mise en place du livret d’accueil prévu à l’article L311-4 du CASF 

La charte des droits et libertés. Elle doit être annexée au livret d’accueil fourni aux résident-e-s lors de leur arrivée.

 Arrêté du 8 septembre 2003 relatif à la charte des droits et libertés de la personne accueillie mentionnée à article L. 311-4 du CASF, avec en annexe ladite Charte 

7  Le projet d’établissement

Il comprend la description des services, l’organisation, le fonctionnement, les coordinations et coopérations et l’évaluation. Avec cette loi, le projet d’établissement devient une garantie de droit pour la personne accueillie. Il est établi pour cinq ans, après avis du Conseil de la Vie Sociale.

L’organisation est au service de l’intérêt de l’usager, il se fonde sur trois points :

 Références théoriques et valeurs qui sous-tendent l’action

 Cadre légal et réglementaire définissant la mission de l’établissement

 Moyens engagés et disponibles

 

[8] Le conseil de la vie sociale (CVS)

Il est l’héritier du conseil d’établissement. Le rôle de cette instance est d’informer les résident-e-s de tout ce qui a une incidence sur les conditions de vie, et d’être le moyen pour eux de participer davantage, de s’exprimer, de communiquer, d’agir ensemble, de proposer les mesures à prendre, d’exprimer les doléances et suggestions des usagers, de débattre sur les projets.

Lorsque le CVS n’est pas mis en place, il est institué un groupe d’expression ou toute autre forme de participation.

 Décret n°2004-287 du 25 mars 2004 relatif au conseil de la vie sociale et aux autres formes de participation institués à l’article L.311-6 du CASF 

 

[9] Un conciliateur ou un médiateur

Il intervient en cas de conflit entre l’usager, son entourage, l’établissement. Le Préfet et le Président du Conseil génaral fixent la liste des conciliateurs qualifiés.

 Décret n°2003-1094 du 14 novembre 2003 relatif à la personne qualifiée mentionnée à l’article L.311-5 du code de l’action sociale et des familles 

10 La loi 2002-2 institue également une obligation de procéder à une évaluation régulière des activités et de la qualité des prestations délivrées (article 22 de la loi 2002-2).

 Evaluation interne : tous les 5 ans ;

 Evaluation externe : dans les 7 ans suivant l’autorisation ou son renouvellement, et au moins 2 ans avant la date de celui-ci.

11 A. Deneault, Op. Cit.

12 La  logique déontique  est un concept philosophique évoqué dès 1670 par Leibniz, et développé en 1950 par le philosophe Georg Henrik Von Wright. Elle propose d'appliquer la  logique modale  à la morale, d'où son nom : déontique découle du terme grec signifiant "ce qu'il faut, ce qui convient".

13 La dynamique relationnelle au sein d’équipes de conception S. Dameron, CREPA, Université Paris IX - Dauphine

14 Rondot Alain, « L'équipe »,  VST - Vie sociale et traitements , 2012/3 (n° 115), p. 137-138. DOI : 10.3917/vst.115.0137. URL : http://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2012-3-page-137.htm

15   http://blog.acversailles.fr/terminaleesemiliedebreteuil/public/Sujet_magnard_p_254_individualisme_et_cohesion_sociale.doc .

16   LA CLINIQUE DU TRAVAIL ENTRE VULNÉRABILITÉ ET DOMINATION, Christophe Dejours in Yves Clot et Dominique Lhuilier Travail et santé érès | Clinique du travail 2010 pages 125 à 144, «  L’activit é́ professionnelle procure une satisfaction particuli èr e quand elle est librement choisie, tant qu’elle permet de rendre utilisables par sublimation des penchants existants, des motions pulsionnelles, poursuivies ou constitutionnellement renforcées. Et cependant le travail, en tant que voie vers le bonheur est peu apprécié par les hommes. On ne s’y presse pas comme vers d’autres possibilit és de satisfaction. La grande majorité́ des hommes ne travaillent que pousses par la nécessité, et de cette naturelle aversion pour le travail qu’ont les hommes d éc oulent les probl èm es sociaux les plus ardus » (Freud, Malaise dans la culture , 1929).

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