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HISTOIRES BREVES 11

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Eric JACQUOT

dimanche 17 mai 2020

HISTOIRES BREVES 11

Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne serait qu’une brève coïncidence.

Ce confinement me rapproche de plus en plus de la pensée de DELIGNY. Je comprends mieux de là où il parlait à Monoblet.

Bref barjotage : 

« Barjoter c’est perdre un instant dans une réflexion sans but précis.

Barjoter c’est bricoler de l’acceptable.

Barjoter c’est faire un bricolage entre savoir et réalité.

Barjoter ce n’est pas se prendre pour un barjot mais c’est se prendre moins au sérieux.

Barjoter c’est être sérieux sans se prendre au sérieux.

Barjoter c’est prendre le temps de réfléchir et de se tromper.

Barjoter c’est rêver l’impossible et le rendre possible.

Barjoter c’est prendre des chemins et inventer un chemin. 

François TOSQUELLES ne disait pas qu’il était psychiatre mais déconiatre.

Le barjotage et la déconiatrie ont un lien très particulier ».

Le confinement c’est de la poésie en stationnement interdit.

Il y a forcément de la poésie dans ces instants qui arrêtent les trains et les avions.

Le placement est souvent sous l’effet d’enjeux qui dépassent l’enfant. 

Le placement c’est un voyage déshumanisant vers l’inconnu.

Personne ne se pose la question de la violence d’un placement quelque en soit sa bonne raison.

Ce qu’il y a de dramatique dans le placement, c’est quand un enfant n’existe institutionnellement que par son symptôme.

J’en connais un, qui un jour m’a copieusement insulté. Un peu plus tard, il est venu s’excuser en me disant que ce n’était pas de sa faute, c’était juste parce qu’il avait des troubles du comportement. Je me suis dit, après coup « en voilà un qui va s’en sortir ».

Avec 140 milliard de budget annuel, l’éducation nationale n’a rien à offrir aux enfants placés et les cas difficiles ! Ce n’est pas de l’incompétence mais un choix politique.

Il faut faire le deuil de vouloir changer l’autre. C’est lui qui décide de vivre ou de mourir me disait JEAN CARTRY un soir de peine après le décès d’un enfant au LVA.

Ignorer la difficulté de ce métier, c’est ajouter de la difficulté.

Quand des parents abandonnent un enfant, en général ils n’arrivent pas à s’y résoudre complètement. Ils entretiennent alors une forme d’illusion propre à empêcher à leur rejeton d’entamer un processus de reconstruction sans eux. On appelle cela une problématique de type abandonnique. Les éducateurs se font souvent piéger dans les représentations et donc les remèdes qu’ils mettent en place face à ce genre de situation.

Il ne faut pas les prendre que pour des blaireaux destructeurs et violents. Il faut leur apprendre le maniement des mots et des émotions et ceci même au prix qu’ils soient bien critique à l’égard de nos méthodes. Ce jour-là quand ils nous critiquent c’est qu’on a réussi une partie du travail..

Le symptôme est un langage et nous faisons parti de la constellation langagière des traducteurs potentiels.

Au LVA on construit comme on peut une constellation éducative en pensant ou pas à la grande cordée de DELIGNY.

On ne peut pas continuer de faire de la protection de l’enfance, le terrain de jeux des spéculateurs, des gens de pouvoir et de ceux qui savent.

Le centre du dispositif, ce n’est pas l’enfant mais le pognon.

Une décision dans l’administration devient immédiatement surannée avant qu’elle soit mise en œuvre.

Le plaisir n’est pas l’ennemi des bonnes pratiques mais il peut nuire gravement.

Les anges sont au paradis, les enfants de chœur chez les curetons et donc très loin du paradis et nous on s’occupe des autres.

Pourquoi, c’est si difficile avec l’ASE et les directions enfance et familles, on fait pourtant le même boulot à des niveaux différents ? On devrait pouvoir travailler ensemble dans l’intérêt de l’enfant confié.

La concurrence, c’est le langage du capital. Au LVA on ne cherche pas le pouvoir, on cherche juste à avoir le pouvoir de réaliser la mission qui nous est confiée.

Pour te dire qu’ils apprécient ton boulot, les enfants placés te disent qu’il ne sert à rien. C’est de loin, le plus beau des compliments.  

Le point d’interrogation c’est en fait toute la question.

Attention je sens bien que Mémé va finir par vraiment ramener sa fraise quand elle aura réussi à enfin les sucrer.

Il ne faut jamais tuer un vieux avant sa naissance.

Quand le présent du conditionnel devient l’impératif, il est temps de conjuguer le réel et la réalité.      

On me dit que Greta Thunberg est manipulée et alors ? Je ne connais personne qui ne soit pas manipulé.

Ils surveillent sa dépense carbone, pourvu qu’elle ne finisse pas comme ASSANGE. Il a l’air vraiment carbonisé le pauvre et aucun état ne s’intéresse à sa personne.

 Lov-langue : chérie j’adore ton petit cluster.

Et maintenant le risque d’un accident industriel du type de Tchernobyl ou Fukushima sur notre territoire, on l’envisage comment ? On fait comme pour le COVID ?

Faudra attendre des lingettes désinfectantes grand public pendant combien de temps ?

Ne pas se poser cette question sur la possibilité d’un accident nucléaire, c’est déjà y répondre par une forme de déni oui-oui.

La connerie, l’incurie et l’atonie sont pandémiques disait le Pangolin.

Est-ce que la cantine 3 étoiles de l’Elysée est la seule cantine de France à avoir continuée de fonctionner pendant le confinement ? Ou est-ce que Brigitte a fait les courses avec une autorisation dérogatoire fournie par Benalla ?

J’ai tous les défauts des autres et cependant tout ce qu’ils font me parait inconcevable. CIORAN.   

Eric Jacquot le 16 mai 2020, encore confiné par confort et aussi pour observer le monde d’après.   

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